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TRACTS DISTRIBUES DEVANT LE MINISTERE DE LA DEFENSE 

 

 Des inspecteurs citoyens de l’armement nucléaire !

 

14 septembre 2007

 

A l’occasion de la  dernière campagne contre le missile M51, il est apparu en France une nouvelle forme d’action : « l’inspection citoyenne », en référence aux inspections « officielles » effectuées par les inspecteurs de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) sur les installations nucléaires des pays soupçonnés de vouloir se doter de l’arme nucléaire … mais dont les Etats nucléaires « historiques » (USA, Russie, Chine, Grande Bretagne et France) sont curieusement dispensés ! Si l’AIEA inspectait le site du Centre d’essais des Landes, la France aurait droit à une mise en garde sévère pour non respect des ses engagements internationaux : l’article 9 des « étapes du Traité de Non-Prolifération » adoptées en l’an 2000 demande à diminuer le rôle donné aux armes nucléaires, or le missile M51 accentue ce rôle par une nouvelle mission, celle de pouvoir atteindre Pékin !

 

A défaut des inspecteurs de l’AIEA, ce sont donc des « inspecteurs citoyens » déterminés qui ont endossé ce rôle depuis septembre 2006. Mais leur demande d’inspection des lieux stratégiques n’ayant obtenu aucune autorisation officielle, ils effectuent ces inspections de façon certes légitime, mais illégalement ! Ils ont ainsi « pénétré » sur le pas de tir de missiles des Landes en septembre et novembre 2006, puis en juin 2007, retardant parfois effectivement le tir d’essais prévu (voir sur le site http://www.nonaumissilem51.org/).

 

A l’instar des « faucheurs volontaires » de plantes OGM, ces « inspecteurs » mettent en œuvre des actions de désobéissance civile, espérant ainsi contribuer à une plus grande visibilité médiatique des campagnes menées conjointement de façon plus « traditionnelle » (cartes postales, pétitions, référendum populaire, jeûne, etc.) pour que la France respecte ses engagements de désarmement nucléaire. Il s’agit de désobéissance civile, mise en valeur par les grands noms de la lutte non-violente que furent - au XXème siècle - Gandhi, Luther King et bien d’autres…

 

Mais ils pensent aussi à la répercussion « médiatique » de leurs actions, qui doit être à terme un des « nœuds » du succès visé (à savoir en l’occurrence l’abandon du programme M51 comme premier objectif « atteignable »). 

 

Vous pourrez être présents à la prochaine « inspection citoyenne » lors du festival « Peace and Landes 2 » les 21, 22 et 23 septembre à La Teste de Buch, près de Biscarosse, là où se situe le Centre d’essais des Landes où sont tirés les missiles M51. Toutes les informations sur le site www.nonaumissile M51.org   ou tel : 06 64 18 34 21

 

Cette présence d’interpellation est assurée sous la responsabilité de la Maison de Vigilance de Taverny.

 

Vous pouvez prendre contact avec nous : Stop Essais 114 rue de Vaugirard, 75006 Paris

marie-claude.thibaud@wanadoo.fr

 

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Armes nucléaires

12 octobre 2007

Dialogue entre le passant et le distributeur

 

Pass.   :  votre tract ne m’intéresse pas : je suis  POUR  les armes nucléaires.

Distrib. :  mais ce tract est justement pour ceux qui ne veulent pas de tract et qui sont POUR

Pass.   : l’arme nucléaire assure notre sécurité.

Distrib. : en menaçant de mort des femmes et des enfants ?

Pass.     : l’humanité commet des crimes depuis l’australopithèque.

Distrib. : les autres pays doivent-ils aussi avoir des armes nucléaires pour leur sécurité ?

Pass.   : non ! Il faut empêcher les autres d’avoir des armes nucléaires, c’est le rôle du TNP (Traité de non prolifération).

Distrib. : tous les pays ne doivent donc pas avoir les mêmes droits ?

Pass.     : l’humanité n’a en fait jamais reconnu l’égalité des droits. « La raison du plus fort est toujours la meilleure ». La Fontaine.

Distrib. : les autres pays voudront l’arme nucléaire. Nous devons donc nous préparer à la guerre ?

Pass.     : c’est le rôle de notre armée : se préparer à la guerre.

Distrib. : l’humanité ne devrait-elle pas préparer la paix ?

Pass.     : « si tu veux la paix, prépare la guerre ». Proverbe.

Distrib. : la guerre nucléaire ?

Pass.     : oui.

Distrib. : c’est le suicide collectif ?

Pass.     : c’est un risque…

Distrib. : sur le long terme, c’est plus qu’un risque, c’est une certitude.

Pass.   : Comme le disait le célèbre économiste John Keynes, « sur le long terme, nous     sommes tous morts ».

 

Cette présence d’interpellation est assurée sous la responsabilité de la Maison de Vigilance de Taverny.

 

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Dénucléariser le Moyen-Orient

 

14 décembre 2007

 

La prolifération des armes nucléaires au Moyen-Orient constitue une grave menace pour la paix et la stabilité de la région. Les efforts réalisés pour mettre un terme aux projets nucléaires iraniens manquent de crédibilité tant que l’on permet à d’autres Etats de la région de posséder des armes nucléaires. Pour ne pas apparaître partiales aux opinions publiques, les mesures prises doivent concerner toute la région, notamment Israël, la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, et les bases des Etats-Unis.

 

La constitution d’une zone dénucléarisée au Moyen-Orient signifierait le lancement d’un processus à l’issue duquel la région serait libre de tout armement nucléaire. Ce processus signifierait l’adhésion d’Israël au Traité de non-prolifération (TNP), et l’application stricte par l’Iran et Israël des clauses du TNP par la mise sous contrôle international de toutes leurs installations nucléaires par l’Agence internationale de l’armement atomique (AIEA).

 

La proposition d’une zone dénucléarisée au Moyen-Orient et celle de l’adhésion d’Israël au Traité de non-prolifération (TNP) ont été votées à la Conférence des Parties du TNP en 1995 et confirmées en 2000.

 

Le processus de dénucléarisation est inséparable d’une négociation régionale et globale. Celle-ci, sous l’égide de l’ONU, doit avoir pour objectif de donner aux pays concernés la garantie du respect de leurs légitimes besoins de sécurité, c'est-à-dire de non emploi de la force, et en particulier de non emploi d’armes de destruction massive contre eux. Cette négociation doit porter aussi sur le règlement pacifique des crises et des conflits régionaux, en commençant par la question palestinienne.

 

Bernard Ravenel

Association France Palestine Solidarité

 

Article paru dans le 4-pages « Désarmement nucléaire » diffusé par 50 associations françaises dont Abolition des armes nucléaires/Stop-Essais et la Maison de Vigilance. Décembre 2007.

 

Pour en savoir plus : cahier de formation 21, septembre 2007, CDRPC/AFPS :

Iran, Israël, dénucléariser le Moyen-Orient, par Bernard Ravenel,

7 euros (port compris, à commander au CDRPC, 187 Montée de Choulans, 69005 Lyon

 

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La Convention de désarmement chimique a 10 ans !

Pourquoi pas une Convention de désarmement nucléaire ?

 

11 janvier 2008

 

Dans la famille des armes de destruction massive, les armes biologiques ont leur Convention depuis 1975, ratifiée par 175 Etats, les armes chimiques ont la leur depuis 1997, ratifiée par 182 Etats, la Convention de désarmement nucléaire qui est sur la table de l’ONU, sera-t-elle prise en considération par les 188 Etats signataires du Traité de non-prolifération (TNP), dont les cinq puissances nucléaires « dotées », France, Royaume Uni, Chine, Russie et Etats-Unis, et par les trois Etats non signataires du TNP, Inde, Pakistan, Israël ?

 

Grande question pour 2008.

 

La Convention de désarmement chimique est notre modèle !

 

Cette Convention prend effet en 1997 par un calendrier d’élimination des armes chimiques qui concerne maintenant 182 pays regroupant plus de 98% de l’industrie chimique mondiale. Cet accord a été fait en liaison étroite avec l’industrie chimique et permet de contrôler toutes les technologies duales par un procédé de vérification international. Des dates butoirs sont fixées pour des étapes d’élimination, l’élimination totale étant prévue pour 2012. La Convention est gérée par une organisation internationale où les votes sont acquis à une majorité des 2/3. Actuellement environ 90% des installations de production et 40% des stocks mondiaux ont été détruits mais beaucoup reste à faire, particulièrement en Russie où seulement 2% des stocks ont été éliminés.

 

La Convention de désarmement nucléaire est déjà écrite !

 

Proposée par toutes les ONG et plusieurs Etats lors de la dernière Conférence préparatoire à l’examen du TNP, cette Convention prévoit :

phase 1 (délai 1 an) : toutes les armes et leurs vecteurs sont rendus inactifs, préparation du démantèlement de toutes les installations de production et d’essais d’armes nucléaires.

phase 2 (délai  2 ans) : armes et vecteurs sont retirés de leurs sites d’utilisation.

phase 3 (délai 5 ans) : démontage de toutes les armes et de leurs vecteurs. Destruction effective d’un nombre d’armes et de vecteurs sauf un quota à définir pour chaque Etat doté.

phase 4 (délai 10 ans) : destruction effective d’un nombre d’armes et de vecteurs sauf un quota à définir pour chaque Etat doté. Arrêt de tous les réacteurs à uranium hautement enrichi ou plutonium.

phase 5 (délai à définir) : destruction complète des armes nucléaires dans tous les Etats.

 

La France peut-elle jouer un rôle positif pour un désarmement mondial ?

 

Nous le souhaitons, et c’est la raison de notre présence et de notre jeûne le vendredi devant le Ministère de la Défense !

 

Cette présence d’interpellation est assurée sous la responsabilité

de la Maison de Vigilance de Taverny.

 

Maison de Vigilance, 134 route de Bethemont, 95150 Taverny ou : marie-claude.thibaud@wanadoo.fr

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Les arguments POUR l’arme nucléaire

 

1er février 2008

 

 

 

 

Le Livre blanc de la Défense en préparation va justifier à nouveau l’arme nucléaire française et il est important de bien comprendre les raisons de cette justification. Dans le débat international actuel, certaines personnalités importantes (Henri Kissinger et quelques autres en janvier 2008 par exemple) appellent à des mesures de désarmement nucléaire pour diminuer le risque d’utilisation massive de ces armes (actuellement 12.000 bombes sont prêtes à partir). En France des personnalités comme Pierre Lellouche ont aussi appelé à des mesures d’un tel désarmement.

 

Pourquoi conserver notre arme nucléaire et pourquoi les Etats nucléaires dotés le souhaitent-ils (à part la Chine qui a voté en décembre 2007 avec 125 autres Etats pour la Convention d’élimination des armes nucléaires à l’ONU) ?

 

Le rôle politique de l’arme nucléaire

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Pour les partisans de l’arme nucléaire celle-ci est nécessaire pour que la France soit considérée sur la scène internationale comme une grande puissance, et le siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU en est souligné comme une conséquence. Cela n’a pas été le cas lorsque le Conseil a été créé car à ce moment-là la France ne disposait pas de l’arme nucléaire.

 

Le rôle politico-militaire de l’arme nucléaire

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En quoi consiste la « dissuasion nucléaire » ? Pour la France dans la tradition gaullo-mitterrandiste, l’arme nucléaire n’est pas une arme militaire mais politique, celle-ci ne devant pas servir sur un champ de bataille. Son but n'est pas de gagner les guerres, mais de les empêcher.

 

Cette vision n’est pas celle des Américains qui ont d’ailleurs développé des armes nucléaire de faible puissance (une kilotonne d’équivalent TNT) pour être utilisées sur le champ de bataille. Les armes nucléaires de la France sont 100 à 150 fois plus puissantes (10 à 15 fois Hiroshima) et donc disproportionnées pour une frappe ponctuelle.

 

Les experts retenus pour le Livre blanc de la Défense sont pour la vision américaine du rôle de l’arme nucléaire. Ce qui confirme la nouvelle orientation de notre stratégie, déjà modifiée par Jacques Chirac en janvier 2006, lorsqu’il a été donné comme objectif à notre force nucléaire de « défendre nos intérêts stratégiques ». Dans ce cadre-là, l’arme nucléaire de la Force aéroportée pourrait être sollicitée pour une « frappe d’avertissement » en menaçant de détruire les « centres de pouvoir » de l’Etat qui remettrait en cause nos « intérêts ». Avec le risque d’être accusé de « crime contre l’humanité ». Ces experts qui vont orienter le Livre blanc sont aussi en faveur, comme les Américains, de la riposte « graduée » ce qui donne à l’arme nucléaire un rôle banalisé d’arme utilisable sur un champ de bataille.

 

Le rôle militaire de l’arme nucléaire

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Les experts choisis pour le Livre blanc souhaitent donner une gamme plus complète de choix possibles dans le contexte actuel de nouveaux acteurs qui ne partagent pas notre rationalité (les Etats « voyous »). Cela implique de mettre au point de nouvelles armes moins puissantes, l’idéal étant des armes dans la gamme de la centaine de tonnes équivalent TNT. Cela ne sera possible qu’après des études faites sur le Laser Mégajoule pour disposer d’armes à fusion pure. Les armes à allumage par fission (uranium ou plutonium) ne peuvent pas diminuer leur puissance en dessous de la kilotonne du fait de ce qui s’appelle la « masse critique ». Est-ce l’orientation que va donner le Livre blanc ?

 

Le débat est-il possible ?

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L’élaboration du Livre blanc serait une bonne occasion de débat. D’autant que la situation internationale permettrait des ouvertures sur le désarmement nucléaire. L’hyperpuissance américaine, dont nous sommes les alliés, serait la première bénéficiaire puisqu’elle peut dominer avec des armes non-nucléaires tous ses ennemis potentiels. Une élimination de TOUTES les armes nucléaires assortie de mesures de vérification serait favorable aux Etats-Unis car l’arme nucléaire a un effet de nivelage (c’était précisément la doctrine gaullienne du « faible au fort »). La France assure ne pas avoir d’ennemi ; dans ces conditions les armes actuelles n’ont qu’un rôle de « veille technologique »  et cette politique française serait compatible avec un soutien fort d’élimination globale des armes nucléaires comme cela est proposé par la Convention d’élimination des armes nucléaires actuellement à l’ONU. Ce débat risque fort de ne pas avoir lieu.

 

 

Cette présence d’interpellation est assurée sous la responsabilité

de la Maison de Vigilance de Taverny.

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L’arme nucléaire en débat ?

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Vendredi 7 mars 2008, devant le ministère de la Défense

 

 

POUR l’arme nucléaire, sa pérennisation et sa menace d’emploi en « première frappe » la palme revient à un quarteron de généraux de France, Grande Bretagne, Allemagne et Hollande qui ont publié leur proposition de doctrine dans un « manifeste » pour le Pentagone et l’OTAN le 22 janvier. Sans avoir peur des contradictions, ils affirment « le risque de prolifération est imminent et entraîne la possibilité d’une guerre nucléaire. En conséquence, la menace d’utilisation en premier de l’arme nucléaire doit rester une option pour maintenir l’incertitude de frappe liée à la doctrine de la dissuasion ». ». Impossible d’être plus incohérent : pour éviter la guerre nucléaire il faut être prêt à la déclencher.

 

CONTRE la pérennisation de l’arme nucléaire, l’étonnement a été général lorsque le premier ministre britannique, Gordon Brown, a déclaré le 21 janvier à New Delhi, Inde, que son pays sera « à l’avant-garde de la campagne internationale pour accélérer le désarmement parmi les pays possesseurs de l’arme nucléaire et en dernier ressort pour parvenir à un monde libéré des armes nucléaires ».

 

Le premier ministre russe, Sergei Lavrov, a aussi créé la surprise en déclarant le 12 février à Genève lors de la Conférence annuelle du Désarmement que la Russie soutiendra le projet d’élimination des armes nucléaires récemment proposé par des personnalités américaines. Il s’agit de l’appel lancé le 15 janvier par Henry Kissinger, George Schultz, William Perry et Sam Nunn et soutenu par une quarantaine d’autres personnalités. « Avec de plus en plus de possesseurs d’armes nucléaires la dissuasion perd de son efficacité et devient beaucoup plus hasardeuse » écrivent-ils.

 

Ces quatre personnalités avaient déjà lancé un appel l’an dernier pour des mesures de désarmement nucléaire mais ce nouvel appel se veut plus pressant. Il cite le soutien de nombreuses personnalités politiques qui ont eu des responsabilités récentes et l’approbation de nombreux experts. Un soutien intéressant est celui de Barak Obama et les politologues pensent que Hilary Clinton apportera son soutien, mais après les élections.

 

La fin de cet appel ressemble à une jolie parabole. « D’une certaine façon, un monde débarrassé des armes nucléaires est comme le sommet d’une haute montagne. Dans le monde troublé d’en bas, nous ne voyons pas le sommet et il est tentant de dire que nous ne l’atteindrons jamais. Mais les risques de rester en bas sont trop réels pour être oubliés. Nous devons monter, là où le sommet deviendra visible ».

 

Dommage de ne pas savoir que certains ont déjà vu le sommet, rédigé une Convention d’élimination des armes nucléaires et donc que la route est toute tracée.

 

 

Cette présence d’interpellation est assurée sous la responsabilité

de la Maison de Vigilance de Taverny.

 

 

Lettre au Ministre de la défense avril 2008

Abolition des armes nucléaires

et les jeûneurs de Paris de la présence d’interpellation pour l’abolition de l’arme nucléaire

                                                                                                                                            Paris, le

 

                                                                                                                                           Monsieur le Ministre de la Défense

                                                                                                                                             Ministère de la Défense

                                                                                                                                             231 Bd Saint Germain

                                                                                                                                             75007 PARIS

Monsieur le Ministre,

 

Depuis trois ans, chaque premier vendredi du mois, nous tentons, en jeûnant - (pour la majorité d’entre nous) -  devant les portes de votre Ministère, de vous alerter sur les risques de l’arme nucléaire et sur l’urgence d’une Convention internationale traitant de son élimination, à l’instar des Conventions sur les armes chimiques et biologiques déjà existantes.  Nous sommes étonnés de n’avoir pas été invités à une entretien pour nous exprimer sur ce sujet majeur lors de l’élaboration du Livre blanc sur la Défense.

 Nous vous prions de nous accorder un entretien sur ce sujet alors que la France a voté contre cette Convention lors de l’Assemblée générale de l’ONU en décembre 2007.

 S’associent à notre démarche et notre demande d’entretien les associations soussignées du réseau Abolition 2000 en France, toutes préoccupées par l’extrême danger de la situation présente (20.000 bombes en état d’alerte) et persuadées que la France devrait jouer un rôle majeur et historique pour l’élimination des armes de destruction massive que sont les armes nucléaires.

 Dans l’attente de votre réponse que nous espérons favorable, nous vous adressons, Monsieur le Ministre, l’assurance de notre considération citoyenne,

 

pour la Maison de Vigilance de Taverny et les jeûneurs

Marie-Claude Thibaud

                                                                                                                                          Signature de M-C T

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Associations du réseau Abolition 2000 qui s’associent à notre demande :

 

Abolition des armes nucléaires/Stop Essais

Association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire

Mouvement International de la Réconciliation

Ligue Internationale de Femmes pour la Paix et la Liberté

Mouvement de la Paix

……………..

……………..

 

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 Toute réponse à ce courrier doit être adressée à :

Marie-Claude THIBAUD, 73 Avenue de Grammont 37000 TOURS . 02 47 05 59 89

marie-claude.thibaud@wanadoo.fr

 

MAISON DE VIGILANCE - Adresse : 134, route de Béthemont 95150 Taverny - Tél : 01 39 95 68 28 - Courriel : lamaisondevigilance@orange.fr

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TRACT DISTRIBUE LE 4 AVRIL 2008

devant le Ministère de la défense

 

Campagne I CAN, « je veux »

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Demande à la France

de soutenir la Convention de désarmement nucléaire

 

La Convention de Désarmement nucléaire a été élaborée en 1996. Elle a été adoptée par 120 Etats lors de l’Assemblée générale de l’ONU en décembre 2007 dans une version actualisée. Dix Etats se sont abstenus et 52 Etats, dont la France, ont voté contre. Rappelons qu’il existe déjà des Conventions pour les deux autres « armes de destruction massive »  que sont les armes chimiques et les armes biologiques.

La Convention d’élimination des armes nucléaires a été rédigée depuis de nombreuses années par des ONG et a été soutenue par plusieurs Etats lors de la dernière réunion des Etats parties du TNP à l’ONU à Vienne en mai 2007. Rappelons que l’Assemblée générale de l’ONU a déjà voté le principe d’une telle Convention dans plusieurs sessions (en 1996, 1997, 1998) et que l’étape qui manque maintenant est « simplement » sa convocation.

 

Je, soussigné, pense que sans Convention, le désarmement nucléaire n’est pas possible

 

Il existe des instances internationales où le désarmement nucléaire devrait être négocié, ce sont d’une part la Conférence du Désarmement à Genève où tous les Etats ont un représentant (la France y a un ambassadeur permanent) et d’autre part les conférences d’examen du Traité de non-prolifération (TNP) qui se tiennent tous les cinq ans (la prochaine aura lieu en 2010). Dans la pratique ces instances sont paralysées par la règle dite du consensus, tous les Etats devant être en accord avec toutes les décisions…

 

Je, soussigné, pense que la Convention d’élimination des armes nucléaires est crédible

 

L’exemple de la Convention d’élimination des armes chimiques (signée actuellement par 182 Etats) est prometteur. Celle-ci prévoit des dates butoirs, des étapes d’élimination, des votes permettant la prise de décision à la majorité des 2/3, des processus de vérification, et une élimination totale des armes et usines de production en 2012. Le désarmement nucléaire est a priori plus simple à organiser et contrôler de l’avis de tous les experts.

 

Le projet de Convention d’élimination des armes nucléaires prévoit les étapes suivantes :

 

phase 1 (délai 1 an) : toutes les armes et leurs vecteurs sont rendus inactifs, préparation du démantèlement de toutes les installations de production et d’essais d’armes nucléaires.

phase 2 (délai  2 ans) : armes et vecteurs sont retirés de leurs sites d’utilisation.

phase 3 (délai 5 ans) : démontage de toutes les armes et de leurs vecteurs. Destruction effective d’un nombre d’armes et de vecteurs sauf un quota à définir pour chaque Etat doté d’armes nucléaires.

phase 4 (délai 10 ans) : destruction effective d’un nombre d’armes et de vecteurs sauf un quota à définir pour chaque Etat doté. Arrêt de tous les réacteurs à uranium hautement enrichi ou plutonium.

phase 5 (délai à définir) : destruction complète des armes nucléaires dans tous les Etats.

 

 

Je, soussigné, demande que la France soutienne la Convention d’élimination des armes nucléaires

 

Nom, prénom                                       adresse                                                                                                                signature

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Cette pétition sera remise au ministre de la Défense

 

Cette présence d’interpellation est assurée sous la responsabilité

de la Maison de Vigilance de Taverny

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Juin 2008

 

 

 

DE BONNE FOI ?

 

 

 

Le juge Mohammed Bedjaoui, président de la Cour de Justice internationale lors de « l’avis sur l’arme nucléaire » en 1996, s’est exprimé de façon particulièrement incisive à Genève le 1er mai alors que se tenait à l’ONU le Comité préparatoire à la Conférence d’examen du Traité de non prolifération nucléaire (TNP). La France ne serait-elle pas de bonne foi ?

 

Les principes du droit international humanitaire sont clairs. Le premier principe établit une distinction entre combattants et non-combattants, le second affirme qu’il ne faut pas causer des maux superflus aux combattants. Pour le juge Bedjaoui le rappel de ces deux principes « rendent parfaitement illicite l’emploi de l’arme nucléaire » : un Etat ne peut prendre pour cible une population, le choix des armes n’est pas illimité et par ses rayonnement et ses retombées radioactives dans l’espace et dans le temps, l’arme nucléaire ne peut respecter ni les combattants ni les civils. Hors la loi, donc !

 

Dans la déclaration que le juge Bedjaoui a joint à l’avis de la Cour, il a même été plus loin : « l’arme nucléaire, arme aveugle, déstabilise donc par nature le droit humanitaire, droit du discernement dans l’utilisation des armes. Ainsi l’existence même de l’arme nucléaire constitue un grand défi à l’existence même du droit humanitaire ». Et la Cour conclue : « le pouvoir destructeur des armes nucléaires ne peut être endigué ni dans le temps ni dans l’espace ». La conséquence de ce constat ne peut faire de l’arme nucléaire qu’une arme interdite par le droit international.

 

Plus important pour le juge Bedjaoui est l’insistance de la Cour, à l’unanimité, de « l’obligation de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations pour un désarmement nucléaire ». L’unanimité donne à cette délibération une valeur judiciaire. L’obligation de « mener à terme » ces négociations est fondamentale. Il s’agit donc de réaliser concrètement le désarmement nucléaire. L’obligation « de bonne foi » déjà prévue à l’article VI du TNP et répétée dans cette délibération se révèle comme une « véritable obligation internationale requérant de ses sujets l’adoption d’un comportement spécifique » insiste le juge Bedjaoui.

 

En 1995, les Etats dotés ont réaffirmé qu’ils « étaient résolus à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives au désarmement nucléaire ». Pour le juge Bedjaoui, « tout renforcement par un Etat partie au TNP de son arsenal nucléaire est un acte qui peut être qualifié de contraire à la bonne foi ». Dans le cas de la France, le missile M51 qui ouvre de nouvelles missions aux tirs français capables désormais d’atteindre la Chine, est clairement un acte de mauvaise foi. Et ce missile était déjà en construction cette même année 1995. Quel exemple déplorable peut donner la France aux pays non dotés !

 

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Cette présence d’interpellation du 6 juin 2008 est assurée sous la responsabilité

de la Maison de Vigilance de Taverny.